Peugeot 3008 : la faille qui permet de voler le SUV en deux minutes
Des milliers de Peugeot 3008 de deuxième génération restent vulnérables à une technique de vol exploitant leur prise de diagnostic embarquée. Un défaut connu depuis au moins six ans, que Stellantis n'a corrigé que sur les véhicules sortis d'usine après 2022.
Une méthode rodée qui contourne toute effraction visible
En France, 70 % des véhicules volés le sont sans aucune trace d'effraction apparente. Les malfaiteurs disposent aujourd'hui d'un arsenal technique pour accéder à l'habitacle : brouilleurs de signal empêchant le verrouillage, copie de signal de clé, piratage de télécommande, clé universelle ou encore coussin d'air pour forcer discrètement une portière. Ces méthodes s’inscrivent dans une évolution plus large des techniques de piratage électronique utilisées pour voler des voitures, qui se perfectionnent à mesure que les systèmes embarqués deviennent plus sophistiqués.
Une fois à bord, l'opération se joue en quelques secondes. Les voleurs se connectent directement à la prise OBD — un port de diagnostic normalement réservé aux garagistes — à l'aide d'un boîtier électronique. Ils y encodent une clé de démarrage vierge, puis démarrent le moteur et disparaissent.
Les 3008 d'avant 2022 dans le viseur des voleurs
C'est la Peugeot 3008 deuxième génération, dans ses versions antérieures à 2022, qui est particulièrement exposée. Le SUV figure parmi les dix modèles les plus volés en France — une liste dominée par sept véhicules de marques françaises.
En 2022, Stellantis a bien renforcé la sécurité du modèle, mais uniquement sur les nouvelles unités produites. Les véhicules déjà en circulation n'ont fait l'objet d'aucune modification, laissant leurs propriétaires face à cette vulnérabilité persistante, selon Benoît Leclair, directeur de l'Argos, l'entité qui regroupe les assureurs français.
Stellantis trop prudent, ou simplement dans la norme ?
La question d'une éventuelle négligence du constructeur se pose. La réponse de Benoît Leclair est sans ambiguïté : « Rappeler des voitures déjà commercialisées représente une facture trop lourde pour les constructeurs. » Cette approche, précise-t-il, constitue la pratique habituelle dans l'industrie automobile.
Il cite un seul contre-exemple notable : Land Rover, qui avait conduit une telle opération de rappel dans les années 2010. Une initiative restée isolée, qui illustre à quel point la mise à niveau de véhicules déjà vendus demeure l'exception plutôt que la règle.
Pour les propriétaires d'un 3008 antérieur à 2022, la vigilance reste donc de mise. Tant que le secteur automobile ne généralise pas les correctifs sur les parcs existants, ces modèles continueront de représenter des cibles de choix pour des voleurs de mieux en mieux équipés.
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